comment bâtir..2(archives)
CE 2° VOLET ABORDE LE SUJET DE LA PROPHÉTIE
QUI A ÉTÉ LE THÈME DE LA CONVENTION DE L'ÉTÉ PASSÉ.
VOICI DONC LE VOLET N°2
Comment batir un groupe
de prière solide ?
Le fondement sur lequel nous bâtissons
est le même dans tous nos groupes :
c'est Jésus le Christ. Mais sur ce
fondement, nous pouvons bâtir avec de
l'or et des pierres précieuses, ou avec du
foin et de la paille; cela dépend de nous
(1 Co 3,10-13).
Dans un premier article (Tychique, n77,
pp. 12-16), nous avons vu comment
poser les bases indispensables.
Aujourd'hui, nous réfléchirons aux
charismes et aux ministères.
Il. DES CHARISMES ET DES
MINISTÈRES
1. Des charismes.
Dans notre groupe de prière, avec la
venue du Saint-Esprit, des charismes
vont surgir, plus ou moins spectaculaires,
plus ou moins abondants.
Qu'est-ce qu'un charisme ? c'est un don
particulier que Dieu fait à celui-ci ou à
celui-là (par opposition à la grâce, qui est
la vie même de Dieu donnée à tous),
c'est une manifestation du Saint-Esprit (1
Co 12,7). Une manifestation, ça se voit! Il
n'y a donc pas lieu de se casser la tête
pour essayer de trouver des charismes :
si on ne les voit pas, c est qu'il n'y en a
pas! !... Puisque c'est un don de Dieu, il
n'y a qu'un moyen d'avoir des charismes:
prier, jeûner, vérifier les bases
indispensables, (voir l'article précédent),
et attendre l'heure de Dieu !
Mais qu'est-ce encore qu'un charisme ?
Dans le monde, on parle de charisme à
propos des dons reçus à la naissance, par
exemple on dira qu'un tel a vraiment le
charisme du chant, etc. Dans l'Ecriture,
ces dons naturels ne sont pas des
charismes. Un charisme est une
manifestation du Saint-Esprit! Prenons
l'exemple de l'accueil. Dans le monde, on
dira: voyez Madame X., elle a sûrement
un don d'accueil: elle est tellement
aimable avec ceux qui arrivent, et elle
sert si bien le thé ! Pour la Bible, il y a là
un réel don naturel, mais il n'y a pas de
charisme. Par contre, voyez ce Monsieur
mal dégourdi, timide et gauche, c'est
vraiment étrange, chaque fois qu'il
accueille quelqu'un, cette personne se
convertit. Voilà le vrai charisme : c'est
une manifestation du Saint-Esprit, il faut
vite mettre ce Monsieur dans le groupe
de l'accueil ! Cessons donc de faire des
différences entre les personnes, repérons
les vrais charismes, laissons-leur le
champ libre, et nous bâtirons sur
du roc.
La Bible nous donne quelques listes de
charismes, par exemple: 1 Co 12; Rm
12; Ep
Mais la Bible ne prétend pas donner la
liste complète de tous les charismes.
Nous en
verrons toujours de nouveaux surgir de-ci
de-là, plus ou moins déroutants, toujours
à la mesure de l'inattendu de Dieu. Ne
refusons pas trop vite, car un vrai
charisme est une bénédiction de Dieu!
Sachons attendre pour voir les fruits (Ac
5,34ss), et discernons avec sagesse. Mais
ne cessons pas de demander au Seigneur
les charismes (1 Co 14,1 ; Ac 4,30; 2 Co
12,12) si utiles pour nous équiper pour le
service.
2. Des charismes aux ministères.
Quand le charisme revient souvent chez
la même personne, on parlera peu à peu
de ministères, c'est-à-dire de services.
Car les dons reçus sont au service de la
communauté : ,, Que chacun, selon le
charisme qu'il a reçu, se mette au
ministère (service) de la communauté »
(1 P 4,10).
En cela, nous suivons le Christ, qui est
venu pour servir. Le centre du ministère
de Jésus a été sa mort sur la croix ; il est
venu « pour servir et donner sa vie » (Mc
10,45). Pour nous de même, l'appel au
ministère est d'abord un appel à donner
notre vie pour nos frères, à mourir pour
eux.. et par eux! Si nous ne sommes pas
prêts à mourir, mieux vaut renoncer à
tout ministère.
Ce ministère, nous sommes appelés à le
vivre sous des formes très variées que
l'on appelle les ministères. Mais il faut
toujours se rappeler que n'importe quel
ministère est un service: on ne peut donc
ni le revendiquer ni s'y accrocher, il
dépend de la commu-
nauté, pour le temps qu'elle voudra.
3. Les 3 ministères principaux.
Dans le groupe de prière, trois ministères
principaux doivent se mettre en place: le
berger, le prophète, le docteur (1 Co
12,28).
1. Le berger. On ne le choisira ni sur
sa mine, ni sur son rang social, ni sur son
instruction (Ac 4,13), ni sur la base d'une
soi-disant prophétie mal discernée. On
choisira un homme ou une femme
humble, qui a reçu du Seigneur un
minimum de discernement dont la foi est
solide, et qui est capable de travailler à
l'unité du groupe. L'âge n'a pas
d'importance (1 Tim 4,12), mais on ne
choisira pas, généralement, un jeune
converti (1 Tim 3,6). La communauté
demandera au Seigneur de fortifier et de
développer ces charismes (1 Tim 4, 14)
qui étaient déjà les charismes de Pierre
(Lc- 22,32; Jn 21, 15ss).
Il est bien évident que le berger doit
rester humble et petit! Il demandera
souvent la prière de ses frères et, à la
suite de Jésus, il restera à la dernière
place. Il ne doit évidemment jamais «
s'accrocher » à sa place. Pour éviter cela,
nous avons pris l'habitude, dans nos
groupes, de remettre le ministère de
berger à la communauté chaque année,
au
mois de septembre'. Après avoir prié et
jeûné, la communauté désigne à nouveau
le berger, soit le même, soit un autre. Ce
ministère nous apparaît ainsi mieux vécu
et plus solide.
2. Le prophète. C'est le deuxième
ministère par ordre d'importance ! Si un
vrai
ministère de prophète est en place, alors
Dieu peut venir parler à sa communauté
et en prendre la direction. Mais comment
« fabriquer » un prophète ? Il n'y a pas
de recette Et
malheur à celui qui se prendrait pour un
prophète alors qu'il ne l'est pas (Jer
23,16ss Ez 13,lss) ! Le prophète et la
prophétie sont des cadeaux du Seigneur.
Il faut prier et jeûner jusqu'à ce que Dieu
donne. Et Dieu donnera, en son temps.
3. Le docteur. Le berger peut très bien
n'avoir fait aucune étude (Ac 4,13). Le
docteur sera celui ou celle qui aura le
charisme de la connaissance biblique, qui
pourra bien sûr faire quelques études,
mais qui aura surtout le charisme de faire
comprendre l'Écriture et d'attirer
l'attention du berger et de la
communauté sur tel ou tel passage. Son
rôle sera très important pour aider au
discernement, mais il restera à sa place,
la troisième! Si le docteur passe avant le
prophète, le berger risque d'écouter le
docteur d'abord, et c'est « la tête » qui
dirigera la communauté. Par contre, s'il y
a un prophète et pas de docteur, on
risque de prendre pour parole de Dieu
n'importe quelle fausse prophétie, parce
qu'on manquera d'éléments de
discernement 1 C'est le Seigneur qui doit
diriger la communauté : il parle par ses
prophètes, ceux-ci sont discernés par le
berger, qui s'appuie lui-même sur la
boussole biblique (le docteur).
Quand ces trois ministères principaux
sont bien en place, la communauté
ressemble à
un bateau: le capitaine est à la barre (le
berger), la vigie est en haut du mât (le
prophète), et le navigateur est penché
sur ses cartes (le docteur avec la Bible).
Quand la vigie pense que Dieu parle, ou «
voit » quelque chose, elle donne son
message ; le navigateur vérifie sur la
carte, et transmet son avis au berger ;
celui-ci, assisté dans son discernement
par beaucoup d'autres éléments, prendra
la décision qui s'impose pour la marche
de la communauté.
4. Importance du discernement.
Le discernement est capital pour garder
le cap et arriver à bon port à travers tous
les récifs qui parsèment la route. Il y a 7
éléments qui permettent de discerner si
une prophétie vient de Dieu ou non (ces
critères peuvent être utilisés dans
d'autres occasions, quand on
cherche la volonté du Seigneur) :
1. Si une prophétie annonce l'avenir, c'est
quand elle se réalise que l'on voit queue
est de Dieu (Dt 18,21ss). Il n'y a donc
pas lieu d'en discuter, encore moins de
s'affoler. On met cette prophétie dans un
dossier, et l'on attend !
2. b prophétie doit être en accord avec
toute la Bible et toute la foi chrétienne.
C'est du bon sens, Puisqu'il n'y a qu'un
seul et unique Dieu, il parlera de la même
façon par la bouche du prophète ou par la
Bible. Il faut donc vérifier si la prophétie
ne va à l'encontre d'aucune donnée
fondamentale de la révélation (le rôle du
" docteur " sera ici primordial).
3. Le discernement de la communauté (1
Co 14,29). Il ne s'agit pas de 4 ou 5
personnes qui restent après les autres et
qui discutent de ce qui s'est passé ! Cela
risque d'être tout simplement le
discernement humain que connaît toute
dynamique de groupe! Le discer-
nement communautaire est une boussole
qui se met en route dès que la
communauté est
réunie (on appelait cela jadis dans l'Église
catholique le sensus ecclesiae, le « sens
qu'a l'Eglise ». Si quelque chose n'est pas
de Dieu, un malaise traverse la
communauté, un peu comme si l'aiguille
de la boussole s'affolait brusquement.
Cela se passe au niveau de l'intuition
profonde: on ne saura pas toujours le
formuler, et ce n'est pas nécessaire. C'est
un clignotant qui s'allume et qui crie:
danger.
4. Le discernement de ceux qui ont reçu
le charisme de discernement (1 Co
12,10). Ce ne sont pas forcément des
gens « bien », des psychologues ou des
sages. Cela peut même être un
handicapé mental ! Mais quand on
demande à cette personne son avis pour
savoir si telle ou telle chose est de Dieu,
elle dit oui ou non avec une certitude
sereine, parfois même contre l'avis
général, mais avec une exactitude
toujours vérifiée. Il s'agit bien d'un don,
d'un charisme. L'avis de ces gens-là est
très précieux, qu'ils aient 10 ans ou 80!
5. Le discernement du responsable (1 Co
12,28). Le prophète doit être soumis au
discernement du responsable. On priera
souvent pour que le Seigneur donne un
bon discernement au berger. Ce
discernement est, pour le berger, la
boussole que le Seigneur a mise en lui
par le Saint-Esprit. Cette boussole réagira
avec d'autant plus de justesse, que le
berger reste petit, branché sur le
Seigneur, libre de toute pression, et prêt
à reconnaître qu'il ne sait pas...
6. Les fruits de l'Esprit (Ga 5,22ss + He
12,11). Si Dieu parle ou agit, il apporte
toujours : amour, paix, joie, etc.
Toutefois, on ne peut s'appuyer sur Ga
5,22 pour écarter les prophéties qui nous
bousculent sous prétexte qu'elles
n'apportent pas la paix! Car He 12, 1 1
nous dit que la correction, sur le moment,
ne procure pas la joie, mais. la tristesse;
cependant, si l'on accepte la correction,
alors dans un deuxième temps on trouve
la joie et la paix. Retenons donc bien les
2 textes: Ga 5,22 + He 12,11.
7. La vie du prophète (Mt 7,17).
Argument à manier avec prudence! Il est
vrai qu'un bon arbre donne de bons
fruits. Si le prophète est humble, si sa vie
est droite, et s'il ne cherche pas à avoir
raison, on est tenté de le croire -, par
contre, si un orgueilleux ou un pécheur
manifeste vient nous apporter un
message de la part de Dieu, on sera
méfiant. Et c'est vrai que Dieu bénit le
juste (Jc 5,16ss). Toutefois,
souvenons-nous que les charismes ne
sont pas des critères de sainteté, et que
Dieu utilise ce qu'il trouve pour parler à
&a
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